• Geneviève Lazaron

Colloque "l'adolescent exposé aux violences dans le couple de ses parents"


François Truffaut disait : « L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant une mauvaise mémoire… ». Effectivement, l’adolescence est parfois une période perturbée. Une période de transition, un territoire totalement inconnu pour l’enfant. Il perd ses repères, teste ses limites et celles de son environnement. La recherche de son identité.

Ce passage délicat est souvent une épreuve pour l’ensemble de la sphère familiale. Force est de constater que les adolescents confrontés, en plus, aux violences conjugales, qu’elles soient physiques ou mentales, y sont plus sensibles. Ils trinquent en silence… dans un premier temps.

Ce type de souffrance est d'autant plus difficile à déceler que le jeune ne voudra généralement pas l'exprimer à l'extérieur, de peur d'envenimer une situation familiale déjà difficile. Voir même, il pensera en être la cause. On constate malheureusement chez les enfants et les ados, témoins de violences, des signes fréquents de dépression et d'anxiété. Si sa souffrance n'est pas traitée, « l'enfant témoin » pourra avoir du mal à contrôler ses émotions une fois adolescent et ensuite adulte.

Un adolescent témoin de violences conjugales pourra développer une difficulté dans son rapport à l’autre : dans ses compétences sociales, dans sa capacité d’évolution, d’adaptation dans le monde ainsi que dans ses propres histoires sentimentales. Le risque d’engendrer de sa part une intolérance aux frustrations, aux limites imposées par une autre personne au sein de son couple est réel. Il pourrait présenter des comportements inadaptés socialement et devenir agressif.

En effet, bien que cela puisse paraître paradoxal, un grand nombre d’enfants exposés aux violences répète ce modèle, même s’ils en ont souffert. Une autre réaction possible à la violence peut s’exprimer par des sentiments de honte et/ou de culpabilité et entraîner un comportement de repli, d’isolement, voire à une éventuelle dépression.

En tous les cas, cette problématique vaut, plus que jamais, la peine que l’on en parle car l’impact psychologique est un réel traumatisme qui sera lourd de conséquence pour l’adolescent. Il est donc primordial de mieux la comprendre et surtout apprendre à la discerner. L’un des objectifs du colloque organisé, le 1er octobre, par la Direction des affaires sociales et sanitaires de la Province de Namur était de mettre en lien les acteurs du réseau psycho-social afin que les jeunes en souffrance psychologique puissent en retirer un maximum de bénéfice.

Au sein des services provinciaux, le secteur de la santé mentale revêt une importance particulière. Ainsi depuis 1966, la Province a mis en place progressivement des services généralistes de santé mentale complétés par des unités spécialisées que sont « Avec avec nos Aînés », « Auteurs d’infraction à caractère sexuel » et «La clinique de l’Exil ». L’équipe mobile d’intervention en santé mentale, communément appelée EMISM, est venue compléter le tableau d’offre de service. Depuis 2002, l’institution provinciale avec la Direction des affaires sociales et sanitaires constitue le partenaire privilégié et le niveau de pouvoir idéal pour appliquer localement les Plans d’Action Nationaux de lutte contre les violences entre partenaires initiés par l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes, la Wallonie ainsi que la Direction de l’Egalité des chances à la Fédération Wallonie Bruxelles.

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© 2020 Geneviève Lazaron

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