• Geneviève Lazaron

Quand le Covid-19 fait évoluer le secteur de la Santé Mentale

On pourrait croire que le « monde s’est arrêté » ces dernières semaines et que tous les projecteurs ont été uniquement tournés vers le Covid-19. Pourtant, à l’ombre de cette crise sanitaire, des acteurs essentiels à l’évolution positive de cette situation poursuivaient discrètement leur travail : les agents de la Province de Namur en charge de la santé mentale. Députée en charge de la santé, je tenais à faire connaître leurs actions.

Les Services de Santé Mentale de la Province de Namur ?

Dans le cadre de sa mission de service au public, la Province a créé 11 Maisons du Mieux Être (Andenne, Beauraing, Ciney, Couvin, Dinant, Florennes, Gembloux, Tamines, Jemelle, Namur (Balances), Namur (Astrid)) réparties sur l’ensemble de son territoire et qui reprennent pour la plupart, en leur sein, des services de santé mentale ainsi que les centres psycho-médico-sociaux (PMS) et le service de la promotion de la santé à l’école (PSE).

Il existe également 3 Clubs thérapeutiques (Jemelle, Andenne, Couvin) ainsi que des initiatives spécifiques (services spécialisés rattachés à un service de santé mentale généraliste): ANA (Avec Nos Aînés), La Clinique de l’Exil (aide aux migrants), et AICS service d’accompagnement thérapeutique d’auteurs d’infractions à caractère sexuel (sur mandat judiciaire). On compte également EMISM service né à l’intiative de - et financé par la Province de Namur : il s’agit d’une équipe mobile d’intervention en Santé Mentale qui intervient dans la crise et l’urgence en soutien aux médecins généralistes et acteurs de la première ligne.

Les services de Santé Mentale, visent à répondre aux demandes de toute personne en situation de mal-être (difficultés conjugales, familiales, scolaires, troubles du développement, du langage, anxiété, dépression...) quel que soit son âge (les services répondent à la demande de 34% d’enfants et ados, 58% d’adultes (18-65 ans), 8% de seniors (65 ans et +)).

Au total, ces services gèrent plus de 4500 dossiers actifs qui représentent environs 65 000 consultations annuelles sur le territoire et le confinement ne les a pas empêché de continuer à répondre aux demandes des citoyens, bien au contraire !

Confinés mais toujours disponibles pour les citoyens dans le besoin !

En cette période de confinement, les différents centres compétents de la Province de Namur n’ont eu de cesse de poursuivre leur travail en adaptant celui-ci aux réalités du terrain et aux besoins de chacun.

Psychologues, psychiatres, médecins, infirmiers, assistants sociaux, logopèdes, psychomotriciens, administratifs, … l’ensemble des professionnels au sein des services provinciaux de santé mentale, représentés par quelques 120 agents, ont réinventé leurs métiers pour continuer d’accomplir au mieux leur mission de service public. Au total, on dénombre plus de 3000 interventions en un mois, entre le début confinement et la mi-avril.

L’Equipe Mobile d’Intervention en Santé Mentale (EMISM) a, quant à elle, poursuivit son rôle visant à répondre aux urgences psychosociales sur demande des médecins généralistes. Elle a également été mise à la disposition des Maisons de repos et de soins (MR & MRS) afin de soutenir leurs professionnels, fortement impactés durant la crise.

L’adoption des nouvelles technologies … pas seulement temporaire !

Le besoin immédiat de s’adapter face à la situation et de, littéralement, réinventer les différents métiers du secteur a été un challenge enrichissant pour les équipes. Le virtuel a inévitablement dû prendre une importante place dans le quotidien de chacun. Ainsi, les consultations se sont déroulées par téléphone ou même en vidéoconférences et le résultat a globalement été très positif. Gain de temps et donc possibilité d’avoir des contacts plus fréquents, facilité « d’accès », professionnels comme patients ont, pour la plupart, assez facilement adhérés à cette alternative qui sera d’ailleurs poursuivie comme une des formes possibles pour les consultations, durant le déconfinement et sans doute encore après, en alternance avec les consultations en face-à-face et selon les cas.

Les services de Santé Mentale sortent grandis de cette expérience

Si le Covid-19 a affecté les Services de Santé Mentale de la Province de Namur ? Bien sûr. Si les Services ont pâtis de cette expérience ? Pas vraiment car on a peu compter sur la volonté, la motivation et la créativité des professionnels pour réinventer le métier et s’adapter aux circonstances. Des communications entre centres entre les directions notamment ont également permis d’élaborer les nouvelles procédures de manière harmonisée et cohérente, en veillant notamment au respect du secret professionnels, à la hiérarchisation des priorités, à l’application des recommandations ou circulaires reçues des pouvoirs subsidiants ou du collège provincial.

La liste de nouveaux dossiers semble avoir maintenu sa progression habituelle soit une estimation de 10 à 15 % de nouvelles demandes. Peut-être faudra-t-il s’attendre à une hausse de ce chiffre dans le cadre de l’évolution du déconfinement?

Aujourd’hui, la reprise est enclenchée. Comme pour tous les secteurs, les gestes barrières sont mis en place (masques, gel, distanciation, etc.) tant pour la sécurité du personnel que du citoyen. Aussi, chaque service reprend, par ordre de priorité, l’ensemble de ses activités. Bien que les consultations à distance continuent, la logopédie et la psychomotricité sont, par exemple, à nouveau, assurées en présentiel.

Au-delà du fonctionnement interne des services provinciaux, c’est l’ensemble des acteurs de la Santé Mentale du territoire qui s’est vu grandir. En effet, depuis le début du confinement, des vidéoconférences sont organisées chaque semaine afin de suivre les demandes et questionnements des uns des autres et de faire un état des lieux en vue de renforcer l’efficacité de chacun et, surtout, répondre à toutes les personnes dans le besoin.

Alors oui, pour tous ces éléments, les Services de Santé Mentale de la Province de Namur ont vraiment mis à profit et tiré tout le positif possible de cette sombre période sanitaire tout en accomplissant leur mission de service public avec efficacité et flexibilité.

En tant que Députée en charge de la Santé, j’ai été particulièrement veillé à ce que ce services puissent rester opérationnels tout au long du confinement et même après, notamment via les remplacements systématiques en cas d’absence de personnel dans les Maisons provinciales du Mieux-Etre.

Je tenais également, en mon nom propre ainsi qu’en celui du Collège provincial, à remercier ces personnes qui sont restées et restent toujours actives dans leur rôle d’aide aux personnes fragilisées. C’est encore là une belle démonstration de l’investissement professionnel de ces agents hors du commun.

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