• Geneviève Lazaron

1er décembre : Journée Mondiale de lutte contre le Sida


Mercredi 27 novembre, a eu lieu à Namur la 2ème édition du Sida Day qui a monopolisé les forces vives et les partenaires de la prévention Sida. Une parade a eu lieu dans le centre-ville ainsi qu'une présentation à la presse des chiffres et de l'action provinciale en la matière.

Selon les chiffres connus de l’Institut de la Santé Publique, chaque jour, 3 nouvelles infections par le VIH qui sont diagnostiquées en Belgique. Cela représente près de 1200 cas par an. Il y a aujourd'hui bien plus de 26.000 personnes infectées répertoriées (25855 en en décembre 2011) dans notre pays ! Cela représente plus d'un million de personnes en Europe. Le constat est plus qu’alarmant. L'action de la Province de Namur en matière de prévention du sida, des infections sexuellement transmissibles ou encore de toxicomanie via son service de Santé Affective, Sexuelle et de Réduction des risques ne date pas d'hier. C’est 22 ans d’expertise qui sont aujourd’hui utiles à tous.

En 2012, c’est 87 patients séropositifs qui ont étés suivis pars nos services contre 13 en 2008. Au cœur de cette patientèle, 42 nouveaux cas et 5 nourrissons. L’âge moyen étant situé entre 30 et 39 ans pour les hommes et 25 – 34 ans pour les femmes. Force est de constater qu’un manque d’information de la population et des professionnels médico-sociaux concernant cette évolution du virus VIH est flagrante. Une méconnaissance des modes transmission, des stratégies d’actions, des lieux d’information, des possibilités de dépistage et de soins reflète encore souvent la réalité du terrain.

Ces missions sont remplies par notre service dans le cadre d'une politique coordonnée, menée en étroite collaboration avec le tissu associatif du territoire provincial. L’un des atouts principal du service provincial namurois est sans nul doute, l’équipe pluridisciplinaire qui œuvre au quotidien sur le terrain. Il s’agit du seul service en Wallonie a combiner prévention primaire (actions de promotion santé), secondaires (dépistage) et tertiaire (accompagnements psychomédicosocial des patients séropositifs). Une permanence téléphonique afin de répondre aux très nombreuses questions, une consultation de dépistage anonyme et gratuit du SIDA (mais aussi de la syphilis ou des hépatites B et C) est mise en place depuis plusieurs années.

​​Ce service développe également des projets à destination de la population tant manière générale que pour des publics ciblés : jeunes, migrants,… Malheureusement, le constat est pesant : les dépistages tardifs sont encore trop souvent la norme (soit quand la maladie est déjà développée). Cela augmente le risque de transmission et donc, il faut le reconnaître, un coût plus important en terme de santé publique.

Avec l'ensemble du secteur médico-social de la Province de Namur, cette équipe tente de développer un monde sans discrimination. Nous parlons d'une discrimination qui touche l'individu au plus profond de son être et de son intimité: celle basée sur l'orientation affective et sexuelle. Une des missions du service est aussi d'accompagner les associations namuroises dans leur démarche d'intégration de tous les êtres humains quelle que soient leur préférence sexuelle ou leur culture. Cela va de la conception d'outils de prévention et d'information à la diffusion de matériel conçu par des organismes spécialisés ou le SSASR , en passant par l'organisation de groupes de rencontre, la mise sur pied d’animations, de formations ou encore d’événements : journée mondiale de lutte contre le sida, stands et animations dans les festivals,… Pour mener son action, le service provincial de Santé Affective, Sexuelle et de Réduction des risques peut compter sur de précieux relais. En effet, véritables lieux de proximité, traits d’union avec la population, les points relais sida (PRS) sont des outils primordiaux pour la sensibilisation, l’information et la prévention. Ils ont donc un impact sur la réduction des risques en matière de SIDA et d'infections sexuellement transmissibles. Nous en comptons une vingtaine en province de Namur. Au quotidien, leur personnel est à l’écoute et répond aux questions du public ou oriente les demandes plus spécifiques (dépistage, accompagnement psychosocial) vers la structure adéquate. Ils mettent aussi sur pied des séances d’information à l’attention de professionnels, des animations et des actions ponctuelles de sensibilisation (campagne d’été, …). En ma qualité de responsable politique mais avant tout en tant que personne, enseignante et maman d’adolescents, la Journée Mondiale de lutte contre le SIDA fait, à n’en point douter, partie de cette gamme d’événements que nous souhaitons voir disparaître. Cela voudrait tout simplement dire, la disparition de la maladie ET la fin des discriminations dont les malades sont victimes. Malheureusement, si le SIDA se soigne, il ne se guérit toujours pas. La lutte contre la progression de cette pandémie est donc une priorité de santé publique, un enjeu citoyen auquel la Province de Namur doit participer activement.

Samedi 30 novembre, un spectacle « Artistes, on existe ! » par de jeunes talents namurois et en collaboration avec les Points Relais Sida namurois était aussi organisé au Grand Manège.

Si «Mourir d’Aimer» fut l’un des musts du cinéma romantique américain, la réalité du SIDA n’a rien de glamour et cela n’arrive malheureusement pas qu’aux autres. Pour lutter contre le SIDA, la chance ne suffit pas ! Je vous invite donc à porter le ruban rouge, symbole d’espoir. Rouge comme le sang, il se porte comme un « v » inversé en espérant qu’un jour ce « v » soit le signe de la Victoire.

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© 2020 Geneviève Lazaron

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